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    Le chrétien, la dîme et les offrandes: Les bonnes questions à se poser   

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    Instrument permettant d’accéder à toutes sortes de convoitises, l’argent déchaine les passions, divise, détruit et dans certains cas, conduit à la mort. On ne compte plus les drames liés à l’argent : suicide suite à la faillite, meurtre d’un proche pour obtenir un héritage, homicide lors d’un braquage ayant mal tourné… Quand on arrive en Christ, on peut espérer que les choses seront différentes, mais les témoignages de personnes victimes de manipulation, racket et dépouillement au sein d’organisations se faisant passer pour l’église de Christ demeurent trop nombreux. Heureusement, cela n’est pas le cas partout, mais il est quand même important pour chacun de se poser les bonnes questions. Comment donner ?  À qui ? Qu’est-ce que le Seigneur attend de nous ? Pour beaucoup, la réponse sera plus qu’évidente  et ils la soutiendront par le verset de Malachie 3 :10: « Apportez à la maison du trésor vos dîmes et vos offrandes ».

     

    Pression pastorale, menace de malédiction, espérance de bénédiction en retour, témoignage de personnes démontrant comment le paiement de la dîme a révolutionné leurs finances, habitude trop ancrée pour  être remise en question, désir de vouloir obéir et plaire à Dieu… Voilà quelques raisons qui poussent des milliers de croyants à donner – en  plus des offrandes volontaires – le dixième de tous leurs revenus, en ignorant ce que la Bible enseigne réellement au sujet de la dîme.

     

    La dîme est-elle biblique ? Oui, car elle apparait dans différents passages de la Bible. Cependant, d’autres éléments doivent être pris en considération pour comprendre quelle doit être la position du disciple de la Nouvelle Alliance par rapport à cette pratique. Si la sincérité est une bonne chose, c’est la vérité et la conformité avec la Parole du Seigneur qui priment. Prenons ainsi le temps de nous poser les bonnes questions et trouvons les réponses dans les Saintes Écritures afin de comprendre la pensée de Dieu sur la dîme et plus généralement sur l’argent.

     

    QUELLE EST LA PREMIÈRE MENTION DE LA DÎME DANS LES ÉCRITURES ?

    La première mention de la dîme peut être trouvée dans Genèse 14 : 17-20 : « Après qu’Abram fut revenu vainqueur de Kedorlaomer et des rois qui étaient avec lui, le roi de Sodome sortit à sa rencontre dans la vallée de Schavé, qui est la vallée du roi. Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était sacrificateur du Dieu Très-Haut. Il bénit Abram, et dit : Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre ! Béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains ! Et Abram lui donna la dîme de tout. »

     

    Dans ce passage, Abram venait tout juste de remporter une bataille contre Kedorlaomer et les rois qui étaient avec lui. Il avait livré ce combat pour délivrer son neveu Lot qui avait été fait captif (Genèse 14: 1-12). Après cette victoire, Abram a rencontré Melchisédec et lui a donné la  dîme des biens qu’il avait gagnés pendant la bataille. Dans cet acte, quatre faits principaux peuvent être notés :

    1. Abram a donné cette dîme volontairement et non suite à une demande explicite de Melchisédec.
    2. Abram a donné la dîme des biens qu’il avait obtenus suite au combat qu’il venait de mener. Cette dîme n’incluait aucunement ses biens personnels.
    3. Abram a donné la dîme à Melchisédec qui est une image de Christ selon Hébreux 7.
    4. Abram n’a pas répété cette action. Il a donné la dîme uniquement à cette occasion spécifique.

     Voici donc les conditions auxquelles doivent se soumettre ceux qui veulent payer la dîme comme Abram.

     

    LA DÎME ÉTAIT-ELLE UNE PRATIQUE RÉGULIÈRE DES PATRIARCHES ?

    Comme nous venons de le voir, Abram a donné la dîme seulement une fois sur les 175 années de sa vie sur terre.

    Quant à Isaac, les Écritures ne mentionnent aucun récit dans lequel il aurait donné une quelconque dîme.

    La deuxième mention de la dîme se trouve dans Genèse 28. Dans ce passage, Jacob venait de fuir la maison de son père à cause de son frère Esaü, qui voulait le tuer. La nuit même de son départ, Jacob reçut un songe dans lequel Dieu lui disait qu’Il serait toujours avec lui, qu’Il lui donnerait une descendance qu’on ne pourrait pas compter et qu’Il le ramènerait dans le pays qu’il était en train de fuir. Quand il se réveilla, Jacob fit cette promesse à Dieu :

    « Si Dieu est avec moi et me garde pendant ce voyage que je fais, s’il me donne du pain à manger et des habits pour me vêtir, et si je retourne en paix à la maison de mon père, alors l’Éternel sera mon Dieu; cette pierre, que j’ai dressée pour monument, sera la maison de Dieu; et je te donnerai la dîme de tout ce que tu me donneras »  (Genèse 28 : 20-22).

    Quand Jacob a quitté la maison de Laban pour retourner dans la terre de son père, il n’a pas accompli sa promesse. En effet, il n’y en a aucune mention dans les Écritures et même s’il l’avait fait, cela aurait été vingt ans après son vœu initial. Le récit de la vie des patriarches nous montre clairement que la dîme n’était pas une pratique régulière pour eux. D’ailleurs, Abraham n’en a pas fait une institution qu’il aurait recommandée spécifiquement à sa descendance comme il l’a fait pour la circoncision.

     

    QUAND DIEU A-T-IL INSTITUÉ LA DÎME EN TANT QUE LOI ? COMBIEN DE SORTES DE DÎMES LES ISRAÉLITES DONNAIENT-ILS ? À QUELLE FRÉQUENCE SE FAISAIT LE PAIEMENT DES DÎMES ?

     Moïse a reçu les lois qui gouverneraient le peuple d’Israël.  Parmi ces lois, Dieu avait donné des ordres spécifiques concernant les dîmes. Ces recommandations sont détaillées dans Deutéronome 14 :22-29 et Nombres 18 :20-31. Selon ces passages, on peut distinguer différentes sortes de dîmes :

    • La dîme annuelle pour les pèlerinages à Jérusalem expliquée dans Deutéronome 14 :22-26 :

    « Tu lèveras la dîme de tout ce que produira ta semence, de ce que rapportera ton champ chaque année.  Et tu mangeras devant l’Éternel, ton Dieu, dans le lieu qu’il choisira pour y faire résider son nom, la dîme de ton blé, de ton moût et de ton huile, et les premiers-nés de ton gros et de ton menu bétail, afin que tu apprennes à craindre toujours l’Éternel, ton Dieu. Peut-être lorsque l’Éternel, ton Dieu, t’aura béni, le chemin sera-t-il trop long pour que tu puisses transporter ta dîme, à cause de ton éloignement du lieu qu’aura choisi l’Éternel, ton Dieu, pour y faire résider son nom. 

     

    Alors, tu échangeras ta dîme contre de l’argent, tu serreras cet argent dans ta main, et tu iras au lieu que l’Éternel, ton Dieu, aura choisi. Là, tu achèteras avec l’argent tout ce que tu désireras, des bœufs, des brebis, du vin et des liqueurs fortes, tout ce qui te fera plaisir, tu mangeras devant l’Éternel, ton Dieu, et tu te réjouiras, toi et ta famille. »

    Selon la loi mosaïque, les Israélites devaient aller à Jérusalem tous les ans et apporter le premier dixième du produit de leurs champs ainsi que le vin nouveau et l’huile, et les premiers-nés de leurs troupeaux. Cette dîme devait être mangée par la personne elle-même devant le Seigneur.

    • La dîme pour le lévite, l’étranger, l’orphelin et la veuve mentionnée dans Deutéronome 14 :27-29 :

    « Tu ne délaisseras point le Lévite qui sera dans tes portes, car il n’a ni part ni héritage avec toi. Au bout de trois ans, tu sortiras toute la dîme de tes produits pendant la troisième année, et tu la déposeras dans tes portes. Alors viendront le Lévite, qui n’a ni part ni héritage avec toi, l’étranger, l’orphelin et la veuve, qui seront dans tes portes, et ils mangeront et se rassasieront, afin que l’Éternel, ton Dieu, te bénisse dans tous les travaux que tu entreprendras de tes mains. »

     

     Dieu avait demandé au peuple d’Israël de donner un dixième de leur production au lévite, à l’étranger, à l’orphelin et à la veuve. Cette dîme – due tous les trois ans, à la fin de l’année – devait être déposée aux portes afin que les bénéficiaires puissent la collecter.

    •  La dîme à destination du lévite est aussi expliquée dans le passage de Nombres 18 :20-24 :

    « L’Éternel dit à Aaron : Tu ne posséderas rien dans leur pays, et il n’y aura point de part pour toi au milieu d’eux; c’est moi qui suis ta part et ta possession, au milieu des enfants d’Israël. Je donne comme possession aux fils de Lévi toute dîme en Israël, pour le service qu’ils font, le service de la tente d’assignation. Les enfants d’Israël n’approcheront plus de la tente d’assignation, de peur qu’ils ne se chargent d’un péché et qu’ils ne meurent. Les Lévites feront le service de la tente d’assignation, et ils resteront chargés de leurs iniquités. Ils n’auront point de possession au milieu des enfants d’Israël : ce sera une loi perpétuelle parmi vos descendants. Je donne comme possession aux Lévites les dîmes que les enfants d’Israël présenteront à l’Éternel par élévation; c’est pourquoi je dis à leur égard: Ils n’auront point de possession au milieu des enfants d’Israël. »

     

    Dans ce passage, Dieu dit aux lévites qu’ils n’auraient point d’héritage dans la terre promise, mais que Dieu lui-même serait leur part et leur possession. Ainsi, Il leur a donné les dîmes des enfants d’Israël comme « salaire » du service qu’ils faisaient dans la tente d’assignation.

    • La dîme de la dîme est mentionnée dans Nombres 18 :25-31 :

    « L’Éternel parla à Moïse, et dit : Tu parleras aux Lévites, et tu leur diras : Lorsque vous recevrez des enfants d’Israël la dîme que je vous donne de leur part comme votre possession, vous en prélèverez une offrande pour l’Éternel, une dîme de la dîme; et votre offrande vous sera comptée comme le blé qu’on prélève de l’aire et comme le moût qu’on prélève de la cuve. C’est ainsi que vous prélèverez une offrande pour l’Éternel sur toutes les dîmes que vous recevrez des enfants d’Israël, et vous donnerez au sacrificateur Aaron l’offrande que vous en aurez prélevée pour l’Éternel. Sur tous les dons qui vous seront faits, vous prélèverez toutes les offrandes pour l’Éternel; sur tout ce qu’il y aura de meilleur, vous prélèverez la portion consacrée. Tu leur diras : Quand vous en aurez prélevé le meilleur, la dîme sera comptée aux Lévites comme le revenu de l’aire et comme le revenu de la cuve. Vous la mangerez en un lieu quelconque, vous et votre maison; car c’est votre salaire pour le service que vous faites dans la tente d’assignation. »

     

    Quand les lévites recevaient les dîmes des enfants d’Israël, ils devaient en prélever un dixième et l’apporter au sacrificateur, c’est ce qu’on appelle communément la dîme de la dîme. Dans Néhémie 10 :38, on nous informe que cette dîme particulière devait être apportée à la maison de Dieu, plus spécifiquement dans les chambres de la maison du trésor.

    Au travers de ces explications, on peut remarquer que les dîmes que Dieu avait commandées à Israël consistaient en produit de la terre et non pas en argent. De plus, le cumul des différentes sortes de dîmes représentait plus de 10% du produit annuel. Les dîmes versées par Israël sont donc très différentes de celles payées aujourd’hui dans les églises.

    À QUI ÉTAIT ADRESSÉ LE VERSET DE MALACHIE 3 :10 SOUVENT CITÉ POUR ENCOURAGER LES CHRÉTIENS À PAYER LA DÎME ?

    « Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison; mettez-moi de la sorte à l’épreuve, dit l’Éternel des armées. Et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance. » Malachie 3 :10.

     

    Les dîmes dont il est question dans ce passage sont liées à la dîme de la dîme qui, selon la loi Moïse, étaient les seules dîmes apportées dans la maison du trésor (voir détails dans la question précédente). Ainsi, ce verset s’adresse particulièrement aux lévites et non à tout le peuple.

     

    Si on étudie plus en profondeur le livre de Malachie et son contexte, nous pouvons comprendre que les sacrificateurs agissaient mal devant Dieu en disant au peuple : « La table de l’Éternel est méprisable ! » (Malachie 1 :7). Ainsi, des bêtes chétives étaient données en offrande à Dieu et les lévites tout comme le peuple n’étaient pas fidèles dans la pratique de la dîme, ce qui avait attiré la malédiction sur tout Israël (Malachie 3 :9). Dans Malachie 3 :10, le Seigneur invitait simplement les sacrificateurs – appelés à être des modèles en paroles et en action pour le peuple – à être fidèles quant au paiement de la dîme afin qu’Il ouvre les écluses des cieux et les bénisse.

     

    Est-ce que ce verset de Malachie 3 :10 peut être appliqué aux croyants de la Nouvelle Alliance ?

    NON. Le livre de Malachie concernait la stricte application de la loi de Moïse (Malachie 4 :4). Nous ne sommes plus sous l’Ancienne Alliance, mais sous la Nouvelle Alliance dans la mesure où nous vivons sous le temps de la grâce que Jésus-Christ est venu inaugurer (Jean 1 :17). Aussi, celui qui décide de se soumettre à un seul précepte de la loi de Moïse encourt de sérieux problèmes, le Seigneur ayant déclaré au travers de Paul dans Galates 3 :10 : « Car tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction; car il est écrit : Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique ».

     

    Par conséquent, lorsqu’un prédicateur utilise le verset de Malachie 3 :10 pour pousser les chrétiens à donner le dixième de leurs revenus, il est complètement dans l’erreur. D’ailleurs, sous la Nouvelle Alliance, tous les disciples de Jésus sont appelés à être le temple de Dieu (1 Corinthiens 3 :16) et  les sacrificateurs du Dieu Très Haut (1 Pierre 2 :5). Ainsi, il n’est aucunement question d’apporter des dîmes à un quelconque pasteur dans un bâtiment qu’on appelle à tort « maison de Dieu ».

    De plus, la bénédiction ne peut être conditionnée par l’argent qu’on donne à une organisation religieuse. Sous la Nouvelle Alliance, nous sommes premièrement bénis par l’amour manifesté au travers de l’œuvre de la croix. C’est à cet effet que Paul a déclaré dans Éphésiens 1 :3 que nous sommes bénis de toutes bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ. Aussi, quelle bénédiction supplémentaire pourrait espérer une personne qui réalise sa position dans le Royaume de Dieu, à savoir : « assis dans les lieux célestes en Christ » (Éphésiens 2 :6) ?

    JÉSUS-CHRIST A-T-IL ENSEIGNÉ LE PAIEMENT DE LA DÎME À L’ÉGLISE ?

    Amour-et-argentJésus-Christ a mentionné le mot « dîme » à deux reprises dans le récit de l’Évangile. Quel était l’enseignement qu’il voulait réellement communiquer dans ces passages ?

    « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité : c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses. » Matthieu 23 :23.

    Dans ce passage, Jésus parlait aux scribes et aux pharisiens et les qualifiait d’hypocrites en ce qu’ils payaient les dîmes, mais  laissaient « ce qui est le plus important dans la loi ». Ainsi, Jésus déclarait clairement que le paiement de la dîme n’était pas la pratique la plus importante de la loi et les invitait premièrement à pratiquer « la justice, la miséricorde et la fidélité (ou la foi) », car sans ces choses il est impossible de plaire à Dieu (Matthieu 6 :33 ; Matthieu 9 :13 et Hébreux 11 :6). Les pharisiens étaient particulièrement zélés pour les traditions de leurs pères et figuraient parmi les plus religieux des juifs. Le mot « pharisien »  signifie en effet « séparé » ; ils se nommaient ainsi, car ils se tenaient à l’écart des choses et des personnes qu’ils considéraient impures. Ces hommes « à part » enseignaient la justice obtenue par la stricte application de la loi comme l’illustre le passage qui suit :

     

    « Et il dit aussi cette parabole à quelques-uns qui se confiaient en eux-mêmes comme s’ils étaient justes, et qui tenaient le reste des hommes pour rien: deux hommes montèrent au temple pour prier, l’un pharisien, et l’autre publicain. Le pharisien, se tenant à l’écart, priait en lui-même en ces termes: Ô Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes qui sont ravisseurs, injustes, adultères; où même comme ce publicain. Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. Et le publicain, se tenant loin, ne voulait même pas lever les yeux vers le ciel, mais se frappait la poitrine, disant: Ô Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur! Je vous dis que celui-ci descendit en sa maison justifié plutôt que l’autre; car quiconque s’élève sera abaissé; et celui qui s’abaisse sera élevé. » Luc 18 :9-14

     

    Au travers de cette histoire, Jésus présente deux hommes qui étaient allés au temple pour prier. D’un côté, un pharisien qui exaltait sa propre justice et se considérait comme fidèle à Dieu et à sa loi puisqu’il ne commettait pas les péchés du collecteur d’impôts, jeûnait régulièrement et donnait la dîme de tous ses biens. D’un autre côté, un collecteur d’impôts qui reconnaissait humblement qu’il était pécheur devant Dieu et implorait sa miséricorde. À la fin, le collecteur d’impôts repentant a été justifié plutôt que le pharisien arrogant. L’enseignement principal à en tirer est qu’il n’y a pas de justification dans l’observation de la loi à la lettre. En effet, Dieu prend davantage plaisir à l’humilité et aux esprits brisés (Psaume 51 :19).

    Donc oui, Jésus a parlé de la dîme comme le montrent ces passages, mais ces versets ne peuvent absolument pas être cités aujourd’hui pour encourager les chrétiens à payer la dîme, car ce n’était pas l’enseignement que Jésus communiquait. Il est vrai que Jésus ne condamne pas le paiement des dîmes ici, mais il faut comprendre que lorsqu’ Il en parlait dans Matthieu 23 :23 (et Luc 11 :42 qui raconte la même histoire), la Nouvelle Alliance n’avait pas été inaugurée. Cette dernière a commencé à la mort de Jésus Christ.

    DE LA LOI À LA GRÂCE : QU’EST-CE QUI A RÉELLEMENT CHANGÉ ?

    argent bonheurPour beaucoup, il est très difficile de comprendre la différence entre la loi et la grâce. Il est tout d’abord important de rappeler que les deux participent au même plan de rédemption de l’humanité, la loi étant l’ombre des choses à venir (Colossiens 2 :17 et Hébreux 10 :1) et le pédagogue qui conduit à Christ (Galates 3 :24). Quant à la grâce, elle est venue avec Christ, l’agneau de Dieu qui avait été immolé avant la création du monde (1 Pierre 1 :19-20).  La loi donnée par Moïse prescrivait des sacrifices d’animaux pour le pardon des péchés. En effet, « sans effusion de sang il n’y a pas de pardon » selon Hébreux 9 :22. Cependant,  « le souvenir des péchés est renouvelé chaque année par ces sacrifices; car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés » (Hébreux 10 :3).

     

    Ainsi, Christ est venu sur terre offrir un sang pur afin d’ôter le péché du monde et de mettre fin à la première alliance (la loi cérémonielle instituée sous Moïse) et d’en établir une nouvelle dans laquelle il n’y aurait plus besoin de sacrifice pour le péché, car par une seule offrande, celle de son corps, Jésus a amené les saints à la perfection.

     

     « C’est pourquoi Christ, entrant dans le monde, dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, Mais tu m’as formé un corps; Tu n’as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché. Alors j’ai dit : Voici, je viens Ô Dieu ! Pour faire ta volonté. Dans le rouleau du livre il est question de moi pour faire, ô Dieu, ta volonté. Après avoir dit d’abord : Tu n’as voulu et tu n’as agréé ni sacrifices ni offrandes, ni holocaustes ni sacrifices pour le péché ce qu’on offre selon la loi, il dit ensuite : Voici, je viens pour faire ta volonté. Il abolit ainsi la première chose pour établir la seconde. C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. Et tandis que tout sacrificateur fait chaque jour le service et offre souvent les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais ôter les péchés, lui, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu,  attendant désormais que ses ennemis soient devenus son marchepied. Car, par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés.

     C’est ce que le Saint-Esprit nous atteste aussi; car, après avoir dit : Voici l’alliance que je ferai avec eux: Après ces jours-là, dit le Seigneur : Je mettrai mes lois dans leurs cœurs, et je les écrirai dans leur esprit; il ajoute: Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités. Or, là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus d’offrande pour le péché.  Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire, de sa chair,  et puisque nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu,  approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure. » Hébreux 10 : 5-22.

      LA LOI MOSAÏQUE

     

    Ancienne Alliance

    LA GRÂCE

     

    Nouvelle Alliance

    Bénéficiaires de l’alliance Israël (Romains 9 :4) Toutes les nations (Jean 3 :16)
    Canal d’institution Moïse (Jean 1 :17) Jésus Christ (Jean 1 :17)
    Sacerdoce Sacerdoce lévitique avec Aaron comme premier souverain sacrificateur et ses fils comme sacrificateurs (Exode 28 :1). Sacerdoce royal de tous les croyants avec Jésus-Christ comme souverain sacrificateur (Hébreux 7) et tous ses disciples comme sacrificateurs (1 Pierre 2 :9 et Apocalypse 1 :6).
    Héritage et paiement des sacrificateurs Les dîmes étaient le paiement des sacrificateurs pour le service qu’ils opéraient dans la tente d’assignation et leur héritage était Dieu lui-même (Nombres 18 :20-24) Les sacrificateurs / enfants de Dieu sont héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ (Romains 8 :17, Ephésiens 1 :11). Pas de paiement pour les sacrificateurs qui doivent vivre par la foi (Romains 1 :17) et se contenter du minimum (1Timothée 6 :8)
    Habitation de Dieu La tente d’assignation (Exode 26) puis le temple construit par Salomon (1 Rois 6) Les disciples nés de nouveau sont le temple du Saint-Esprit (1 Corinthiens 3 :16 et 6 :19)
    Accès à la présence de Dieu Le temple était divisé en 3 parties :

     

    1. le parvis où tous les israélites pouvaient accéder
    2. le lieu saint où seuls les sacrificateurs fils d’Aaron pouvaient accéder
    3. le lieu très saint où le souverain sacrificateur entrait une fois par an.

    (Lire Hébreux 9 :1-7)

    Lors du sacrifice de Jésus-Christ à la croix, le voile du temple qui séparait le lieu saint du lieu très saint s’est déchiré. En offrant son sang parfait comme sacrifice pour le péché du monde, Jésus-Christ a inauguré une nouvelle route vers le lieu très saint, symbole de l’intimité avec Dieu restaurée pour tous les hommes (Hébreux 16 :26).Jésus-Christ est à présent le seul chemin et médiateur vers Dieu le Père (Jean 14 :6 et 1 Timothée 2 :5).
    Condition du pardon des péchés Les sacrifices d’animaux répétés tous les ans pour couvrir les péchés (Lévitique 16) La foi en l’unique sacrifice de Jésus-Christ qui est l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde (Jean 1 :29)
    Sacrifice agréable à Dieu L’holocauste décrit dans Lévitique 1 L’offrande de nos vies sanctifiées selon Romains 12 :1-2
    Moyens d’enseignement La loi mosaïque était le pédagogue qui conduisait vers Christ (Galates 3 :24). L’Esprit Saint est l’enseignant par excellence que le Seigneur a laissé (Jean 14 :26).
    Lieu d’inscription des termes de la « loi en vigueur » Sur des tables de pierre, symbole des cœurs non convertis (Exode 24 :12 et Exode 34 : 4+28) Sur des tables de chair, symbole des cœurs nouveaux et des esprits régénérés à la nouvelle naissance (Ezéchiel 36 :25-27 et Hébreux 10 :16)




    De la loi à la grâce, le changement majeur concerne le sacerdoce duquel découlait la loi cérémonielle regroupant toutes les prescriptions de Moïse relatives au culte, et rendu obsolète par le sacrifice parfait de Christ. Nul besoin aujourd’hui qu’une élite se consacre à faire des sacrifices d’animaux, des prières et des offrandes pour le peuple. Jésus Christ est effectivement l’intercesseur (Hébreux 7 :25 et 1 Jean 2 :1) et la victime expiatoire offerte pour nos péchés.

    La dîme payée aux lévites n’a plus de raison d’être aujourd’hui dans la mesure où le sacerdoce lévitique a été remplacé par le nouveau sacerdoce dans lequel Jésus-Christ est le souverain sacrificateur et tous les croyants sont sacrificateurs, sacrifices et temples. Par conséquent, prétendre que le chrétien lambda doit verser la dîme de ses revenus aux sacrificateurs modernes – plus connus sous le nom de pasteurs, prophètes, bishops ou hommes de Dieu – est une grossière erreur.

    Jésus n’a pas aboli la loi en ce qu’Il n’a pas changé son standard en matière de sainteté, de justice et de moralité (Matthieu 5 :17-20 + 48, Hébreux 10 :14, Matthieu 6 :33 et Marc 12 :29-33 et Galates 5 :14). En revanche, Il a non seulement accompli une fois pour toutes le sacrifice d’expiation nécessaire au pardon de nos péchés,  mais il a également pourvu – au travers de l’envoi du Saint-Esprit – à l’aide nous permettant d’atteindre ses exigences.

    COMMENT S’EST DÉVELOPPÉ LE « SACERDOCE PASTORAL » QUE L’ON PEUT OBSERVER DANS LA MAJORITÉ DES ASSEMBLÉES AUJOURD’HUI ?

    agent qui pleut Le « sacerdoce pastoral ou de l’homme de Dieu » est un système financé et soutenu par les fidèles. Comme dans beaucoup d’autres mouvements religieux, il y a un leader spirituel rémunéré (généralement le pasteur), un édifice (le bâtiment d’église ou lieu de réunion) et des règles relatives aux sacrifices (notamment la dîme).

    Bien que ce fonctionnement ne soit pas biblique, on peut le retrouver dans la majorité des assemblées chrétiennes aujourd’hui et nous allons voir les éléments qui ont favorisé son développement.

     Comme il a été dit plus haut, nous sommes passés du sacerdoce lévitique, où seule une catégorie de personnes avait accès à la présence de Dieu, au sacerdoce universel dans lequel tous les croyants sont sacrificateurs.

    Le triste constat c’est que beaucoup ne connaissent ni ne comprennent leur responsabilité en tant que sacrificateur et méprisent cette fonction en se mettant sous le joug des hommes.

    Il n’y a rien de nouveau soleil. Tout le peuple d’Israël avait initialement été appelé à être « un royaume de sacrificateurs et une nation sainte » (Exode 19 :6) mais la majorité a refusé non seulement la présence et l’intimité avec Dieu (Exode 20 :19) mais également le règne direct de Dieu en réclamant un roi comme les autres nations (1 Samuel 8 :5-8). De la même manière, beaucoup de croyants de la Nouvelle Alliance veulent un pasteur ou prophète qui règnera sur eux, intercèdera en leur faveur auprès de Dieu et leur communiquera la pensée de Dieu pour leur vie. Cette inclinaison de l’homme à vouloir un chef pour gouverner sur lui est l’un des éléments ayant favorisé le développement du « sacerdoce pastoral » mais ce n’est pas le seul.

     Le « sacerdoce pastoral », présent même dans les églises dites réformées, est aussi un héritage de l’Église catholique. En effet, au IIe siècle, Ignace d’Antioche (35-107) a développé une doctrine exaltant un évêque au-dessus des autres anciens. Cet évêque seul aurait, selon Ignace d’Antioche, la responsabilité de célébrer le repas du Seigneur, diriger les baptêmes, donner des Conciles, discipliner les membres de l’église, approuver les mariages et donner les sermons. Ce modèle, également soutenu par Cyprien de Carthage (200-258) qui est l’un des pères de l’Église Catholique, s’est propagé au cours du IIe siècle et prévalait partout à la fin du IIIe siècle.

     

    C’est ainsi que s’est progressivement développée la classe très hiérarchisée du clergé, qui est bien sûr en totale inadéquation avec le modèle de l’Église primitive gérée par un collège d’anciens (Actes 13 :1-3). Malgré les vagues de réformation du XVe siècle jusqu’à aujourd’hui, ce fondement non biblique d’un homme seul à la tête de l’assemblée locale demeure dans quasiment toutes les « dénominations chrétiennes ». Ainsi, la fonction « pasteur » qui n’est évoquée que deux fois dans le Nouveau Testament est centrale dans la quasi-totalité des assemblées actuelles.

     Si l’idée qu’un seul homme dirige fut acceptée et profondément ancrée dans les mentalités dès le IIIe siècle, le soutien financier de ce système par la dîme s’est développé bien plus tard. En effet, Cyprien de Carthage fut le premier à mentionner le soutien du clergé par le paiement de la dîme, mais cette idée ne rencontra pas beaucoup de succès dans les premiers siècles. Jusqu’au VIIIe siècle, la dîme était pratiquée comme offrande volontaire, mais elle est devenue obligatoire et même légale vers la fin du Xème siècle pour soutenir l’Église qui entretenait d’étroites relations avec l’État. Cela n’est plus le cas aujourd’hui, mais la pratique de la dîme reste largement répandue pour rémunérer les « ministres de Dieu ».

     Le « sacerdoce pastoral » selon lequel un pasteur rémunéré règne seul à la tête de l’Église n’a donc aucun fondement biblique. Dans son livre Le Christianisme paganisé, Frank Viola décrit justement les dommages d’un tel système sur le libre fonctionnement de l’Église :

     « Notre ignorance de l’histoire de l’Église nous a aveuglément volé une partie de notre héritage collectif. Le ministère individuel est entièrement étranger au Nouveau Testament, pourtant nous l’embrassons tandis qu’il suffoque notre fonctionnement. Nous sommes des pierres vivantes, non mortes. Cependant, l’office pastoral nous a transformés en pierres qui ne respirent pas. [..]

     

     L’office pastoral vous a volé votre droit de fonctionner comme membre du Corps de Christ ! Il a fermé votre bouche et vous a attaché à un siège. Il a tordu la réalité du corps, faisant du pasteur une bouche géante et vous une oreille minuscule. Il vous a rendu spectateur muet à peine compétent à prendre des notes de sermon et à passer un plateau pour l’offrande !

     

    Mais ce n’est pas tout. L’office pastoral moderne a renversé la pensée principale de la lettre aux Hébreux – la fin de l’ancien sacerdoce. Il a rendu inefficace l’enseignement de 1 Corinthiens 12-14, que chaque membre a le droit et le privilège du service lors d’une réunion d’Église. Il a vidé le message de 1 Pierre 2 qui révèle que chaque frère et sœur est un prêtre dans le service. […]

     

     Nous traitons le pasteur comme s’il était l’expert professionnel. Nous nous attendons à ce que les docteurs et les ministres nous servent, pas pour nous apprendre à servir les autres. Et pourquoi ? Parce qu’ils sont les experts. Ils sont les professionnels qualifiés. Malheureusement, nous considérons le pasteur de cette même manière. Toute cette manière de faire s’élève contre le fait que chaque croyant est un prêtre, non seulement devant Dieu, mais les uns envers les autres.

    Mais il y a quelque chose d’autre. Le pastorat moderne rivalise contre l’Autorité fonctionnelle du Christ dans son Église. Il tient d’une manière illégitime la place unique de la centralité et de l’Autorité parmi le peuple de Dieu, une place réservée seulement pour la personne du Seigneur Jésus. Jésus-Christ est le seul chef sur l’Église et a le mot final. Par son office, le pasteur déplace et supplante l’Autorité du Christ en s’établissant comme tête humaine de l’Église.

     

     Pour cette raison, rien ne gêne autant la réalisation du but éternel de Dieu que le rôle pastoral moderne. Pourquoi ? Parce que ce but est de manifester l’Autorité du Christ dans l’Église par le libre fonctionnement de chaque membre du Corps. Tant et aussi longtemps que l’office pastoral demeure, vous ne serez jamais témoins d’une telle manifestation. »

     

     À la lumière de tous ces éléments, payer la dîme sous la Nouvelle Alliance revient à soutenir un sacerdoce que Dieu n’a jamais établi puisque ce système va à l’encontre de l’œuvre du Seigneur. Payer la dîme sous la Nouvelle Alliance c’est également refuser son identité de sacrificateur et se priver soi-même de la liberté pour laquelle Christ a payé un grand prix à la croix. Payer la dîme sous la Nouvelle Alliance signifie enfin négliger la grâce et refuser l’ordre établi par Dieu.

     Si la dîme n’est plus d’actualité, il est quand même important de rappeler que les offrandes le sont.

    COMMENT LES DISCIPLES SONT-ILS ENCOURAGÉS À DONNER SOUS LA NOUVELLE ALLIANCE ?

    Dès la naissance de l’Église relatée dans le livre des Actes, nous pouvons constater une mobilisation des croyants qui soutenaient l’œuvre de Dieu financièrement, mais contrairement à ce qu’Il avait fait sous l’Ancienne Alliance, Dieu n’avait pas fixé des lois particulières relatives aux offrandes. Quelques recommandations ont cependant été émises concernant les dons au sein de l’Église.

    • Les dons doivent être faits en réponse à des besoins spécifiques.

    « Car il n’y avait parmi eux aucun indigent : tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu’ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres; et l’on faisait des distributions à chacun selon qu’il en avait besoin. » Actes 4 :34-35.

     « En ce temps-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. L’un d’eux, nommé Agabus, se leva, et annonça par l’Esprit qu’il y aurait une grande famine sur toute la terre. Elle arriva, en effet, sous Claude. Les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée. » Actes 11 :27-29.

    • Les dons doivent être faits dans le secret et l’humilité.

    « Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus; autrement, vous n’aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. Lors donc que tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite, afin que ton aumône se fasse en secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » Matthieu 6 :1-4.

    •  Les dons doivent être faits en fonction de ses moyens et non au-delà.

    « Et en cela je vous donne un conseil, car cela vous convient, à vous qui non seulement avez commencé de le faire, mais qui en aviez eu le dessein dès l’année passée. Achevez donc maintenant de le faire, afin que comme il y a eu la promptitude de la volonté, il y ait aussi l’accomplissement selon vos moyens. Car, si la promptitude de la volonté existe, on est agréable à Dieu, selon ce qu’on a, et non selon ce qu’on n’a pas. »

    2 Corinthiens 8 :10-12

    • Les dons doivent être faits avec joie et non avec regret ou par contrainte.

    « Que chacun donne selon qu’il l’a résolu en son cœur, non à regret, ni par contrainte; car Dieu aime celui qui donne avec joie. » 2 Corinthiens 9 :7

    Sous la Nouvelle Alliance, donner de l’argent – même pour soutenir des causes nobles et importantes – n’est pas une loi obligatoire, mais il s’agit plutôt de l’expression de l’amour de Dieu répandu dans le cœur du croyant.

    La seule chose que le disciple est vivement encouragé à donner c’est son corps selon qu’il est écrit dans Romains 12 :1 : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable ».

    SI LES CHRÉTIENS NE PAIENT PAS LA DÎME, COMMENT LES PASTEURS ET AUTRES MINISTRES DE DIEU VIVRONT ?

    Lorsque Dieu donne une vision, il donne également la provision nécessaire à l’accomplissement de celle-ci. Ainsi, celui qui a reçu l’appel de Dieu doit s’attendre entièrement à celui qui l’a appelé et non user de stratagèmes mêlant fausses doctrines et manipulation du peuple de Dieu pour s’auto-assurer un salaire et une retraite confortables.

    « Le juste vivra par la foi », la Parole nous le dit dans Romains 1 :17. Il s’agit même du passage ayant initié la réforme protestante du XVIe siècle avec Martin Luther (1483-1546) qui s’est fermement opposé au trafic dans l’Église et aux systèmes non bibliques qui tuent la foi. À son époque, Luther a combattu le système hérétique non biblique des indulgences qui faisaient croire aux croyants qu’ils pouvaient acheter  leur place au paradis. Aujourd’hui, nous pouvons observer un phénomène similaire avec le succès d’un évangile édulcoré dans lequel il suffirait de donner son cœur à Jésus une fois et de donner la dîme au pasteur pour être sauvé. Cet enseignement erroné satisfait d’une part les chrétiens qui n’arrivent pas à faire une croix sur le péché et d’autre part les pasteurs et autres hommes de Dieu professionnels qui ont l’assurance d’un salaire. Pourtant, selon Éphésiens 4 :11, les ministres de la parole sont censés être des dons pour l’Église et non des charges.

     

    Oui, le disciple de Christ est encouragé à faire part de ses biens à ceux qui lui annoncent l’Évangile (Galates 6 :6). Mais est-ce que cela signifie mettre en place une organisation que Dieu n’a pas instituée au sein de son corps en imposant le paiement de la dîme comme doctrine fondamentale de l’Église ? Sûrement pas ! Faire part de ses biens à ceux qui nous annoncent l’Évangile revient tout simplement à soutenir par nos biens et librement les serviteurs que Dieu envoie pour nous enseigner la Parole. Ce principe a commencé lorsque Jésus a envoyé les douze en mission et leur a déclaré que « l’ouvrier mérite son salaire » (Matthieu 10 :1-10). Le salaire en question c’est  la nourriture et cela est confirmé dans Luc 10 :7.

     

    Il y a ainsi un droit de prédicateur et Paul en a parlé dans 1 Corinthiens 9 : 18. Pourtant, il a appelé récompense le fait d’annoncer l’Évangile gratuitement et a estimé plus honorable de travailler de ses mains, afin de pourvoir à ses besoins et à ceux des personnes qui étaient avec lui, pour ne rien imposer aux frères et sœurs. Il a certes reçu quelques dons, mais cela n’était en aucun cas le fruit d’une pression exercée sur le peuple de Dieu.

    « Je n’ai désiré ni l’argent, ni l’or, ni les vêtements de personne. Vous savez vous-même que ces mains ont pourvu à mes besoins et à ceux des personnes qui étaient avec moi. Je vous ai montré de toutes manières que c’est en travaillant ainsi qu’il faut soutenir les faibles, et se rappeler les paroles du Seigneur, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » Actes 20 :33-35.

     

    Que les ministres de Dieu suivent donc l’exemple de Paul qui, dans la disette comme l’abondance, bénissait Dieu par la foi et dans l’espérance de la gloire à venir !

    DIEU PREND-IL PLAISIR DANS CE QUI APPARTIENT À CÉSAR ?

     « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »Matthieu 22 :21.

     Il s’agit de l’une des répliques les plus connues de Jésus et pourtant nombreux sont ceux qui persistent à vouloir donner à Dieu ce qui est à César.

    Dans cet épisode très connu des Évangiles, Jésus a habilement rappelé aux pharisiens – qui voulaient le piéger – que la monnaie devait revenir à celui dont elle porte l’effigie. Jésus rappelait l’importance d’une part de régler les impôts dus aux autorités et d’autre part de lui donner ce qui lui appartient.

    Paul a également abordé ce sujet dans Romains 13 :7 : « Rendez à tous ce qui leur est dû : l’impôt à qui vous devez l’impôt, le tribut à qui vous devez le tribut, la crainte à qui vous devez la crainte, l’honneur à qui vous devez l’honneur ».

    Dieu n’est pas le créateur de la monnaie. Lors de son ministère terrestre, Jésus-Christ a toujours manifesté une certaine distance vis-à-vis de l’argent. Il ne gardait pas la bourse, mais en avait laissé le soin à l’un de ses disciples (Matthieu 12 :6) qui lui, a été séduit par le gain, allant jusqu’à livrer le Maître pour quelques pièces (Luc 22 :4-5).

    À aucun moment Jésus n’a fait d’appel de fonds même s’il a été soutenu notamment par des femmes qui l’assistaient de leurs biens selon Luc 8 :3.

     Aussi, le seul miracle de Jésus lié directement à l’argent est celui qui était relatif au paiement des deux drachmes (un impôt payé par les Israélites pour l’entretien du temple). Dans cette histoire qu’on peut retrouver en Matthieu 17 : 24-27, Jésus a envoyé Pierre pêcher un poisson dans la bouche duquel il y trouva de quoi payer la taxe pour eux deux. En revanche, lorsque Jésus a nourri 5000 hommes, il a choisi de multiplier la nourriture et non la monnaie qui aurait permis d’acheter de la nourriture pour tous.

     « Comme l’heure était déjà avancée, ses disciples s’approchèrent de lui, et dirent : Ce lieu est désert, et l’heure est déjà avancée; renvoie-les, afin qu’ils aillent dans les campagnes et dans les villages des environs, pour s’acheter de quoi manger. Jésus leur répondit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils lui dirent : Irions-nous acheter des pains pour deux cents deniers, et leur donnerions-nous à manger ? Et il leur dit : Combien avez-vous de pains ? Allez voir. Ils s’en assurèrent, et répondirent : Cinq, et deux poissons. Alors il leur commanda de les faire tous asseoir par groupes sur l’herbe verte, et ils s’assirent par rangées de cent et de cinquante. Il prit les cinq pains et les deux poissons et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains, et les donna aux disciples, afin qu’ils les distribuassent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins de morceaux de pain et de ce qui restait des poissons. Ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes. » Marc 6 :35-44.

     Que comprendre au travers  de ces deux histoires ?

    Tout d’abord, les impôts ne se paient pas avec la prière ou le parler en langues, mais bel et bien avec la monnaie de ce monde. Le Seigneur donnera toujours le nécessaire afin que ses enfants ne vivent pas sous les dettes et ne rendent de cette manière un mauvais témoignage. Sa provision est toujours miraculeuse, car tout nous vient de Lui. Travailler honnêtement reste le moyen le plus simple pour obtenir la monnaie nécessaire à rendre son dû à César. Il est intéressant de noter ici que Pierre, pêcheur de métier, a été envoyé à la pêche.

    Ensuite, lors de l’épisode de la multiplication des pains raconté par Marc, les disciples s’approchèrent de Jésus pour lui faire remarquer qu’il était temps de renvoyer la foule afin que les gens aillent acheter de quoi se nourrir. Jésus les invita à les nourrir et les disciples réabordèrent la question financière, demandant s’il fallait acheter du pain pour deux cent deniers afin de nourrir toutes ces personnes. C’est à ce moment-là que Jésus accomplit le célèbre miracle de la multiplication des pains et des poissons. Là où l’homme voit l’argent comme le seul moyen de provision, Dieu nous confond et multiplie les produits qu’il a initialement créés pour que l’homme en jouisse librement et sans contraintes.

    Croire que Dieu prend particulièrement plaisir aux offrandes monétaires importantes est un grand mensonge ! Et nous en avons la preuve avec l’histoire de la pauvre veuve qui, financièrement parlant, avait donné peu, mais selon Jésus, elle avait donné plus que tous les autres (Luc 21 :1-4).

    Par conséquent, Jésus regarde davantage aux cœurs et à nos motivations profondes plutôt qu’au montant de nos dons qui ne l’impressionnent absolument pas. C’est ainsi qu’Ananias et Saphira ont été repris sévèrement et frappés de mort, car ils n’ont pas craint Dieu et ont menti au Saint-Esprit (Actes 5 :1-10). Comme d’autres chrétiens de l’Église primitive, le couple Ananias et Saphira avait vendu un champ pour faire un don à la communauté des croyants, mais ceux-ci ont retenu une partie du prix du champ sans le faire savoir aux autres. Comme Pierre l’a soulevé, rien ne les obligeait à faire ce don-là. Et même si la somme apportée par le couple pouvait être considérable, Dieu n’a pas agréé leur don, car leur comportement révélait que leur cœur n’était pas droit, preuve en est : le diable y était entré.

     Cette histoire est une parfaite illustration des chrétiens qui veulent donner à Dieu ce qui appartient à César (l’argent, les billets) et à César ce qui appartient à Dieu (la crainte, la confiance). En effet, Ananias et Saphira n’ont pas craint Dieu en mentant au Saint-Esprit. Ils ont eu peur de manquer en donnant tout, ils ont placé une partie de leur confiance dans la richesse financière et leur don les a conduits à la mort.

    Puissions-nous ne jamais présenter à Dieu de telles offrandes !

    Finalement, Jésus ne prend aucun plaisir à ce qui appartient à César. Il n’a pas aimé l’argent et n’a jamais cherché à s’enrichir sur la terre, mais plutôt à enrichir les autres. D’ailleurs, le conseil qu’Il a donné au jeune homme riche qui voulait être assuré de la vie éternelle est très révélateur :

    « Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant à genoux devant lui : Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? Jésus lui dit : Pourquoi m’appelles-tu bon ? Il n’y a de bon que Dieu seul. Tu connais les commandements : Tu ne commettras point d’adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; tu ne feras tort à personne; honore ton père et ta mère. Il lui répondit : Maître, j’ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse. Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Mais, affligé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste; car il avait de grands biens. Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples : Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu !  Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit : Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu !  Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.  Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres: Et qui peut être sauvé ?  Jésus les regarda, et dit : Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu : car tout est possible à Dieu. »  Marc 10 :17-27.

    Notons que Jésus – celui qui n’avait pas d’endroit pour poser sa tête (Matthieu 8 :20) – n’a pas demandé à ce que l’homme lui donne ne serait-ce qu’une partie de sa grande richesse terrestre. Quelle différence avec ces leaders évangéliques  mendiant et rackettant le peuple de Dieu !

    SI JÉSUS EST VENU ANNONCER UNE BONNE NOUVELLE AUX PAUVRES, POURQUOI N’A-T-IL PAS MIS FIN À LA PAUVRETÉ ?

     « Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture,  et on lui remit le livre du prophète Esaïe. L’ayant déroulé, il trouva l’endroit où il était écrit :  L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s’assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui.  Alors il commença à leur dire : Aujourd’hui cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie.» Luc 4 :16-21.

    À la genèse de son ministère, Jésus est entré dans une synagogue et a lu un rouleau contenant le passage d’Esaïe 61, disant clairement que le prophète avait parlé de lui-même. Nous pouvons voir ici que les pauvres étaient au cœur de son ministère ; c’est à eux particulièrement que Jésus était venu annoncer une bonne nouvelle. Contrairement à ce que beaucoup de prédicateurs de l’évangile de prospérité peuvent enseigner, cette bonne nouvelle n’est pas :

    • « Jésus-Christ est mort à la croix pour que nous soyons prospères financièrement. »
    • « Jésus-Christ s’est fait pauvre sur la terre pour que nous soyons riches sur la terre. »
    • « Donne 100 euros à Jésus et il te rendra 1000 euros. »

    Ainsi, la bonne nouvelle que Jésus est venu annoncer aux pauvres n’est pas le début d’une nouvelle ère qui rimerait avec abondance matérielle et financière. D’ailleurs, même les païens le reconnaissent : « l’argent ne fait pas le bonheur ». Jésus n’est pas venu éradiquer la pauvreté financière et matérielle, il a même déclaré que les pauvres (nécessiteux) seront toujours là (Jean 12 :8).

    Cela peut paraitre choquant et même contradictoire pour certains qui diraient : « Quelle meilleure nouvelle pour un pauvre  que la fin de sa pauvreté ! ». Cependant, la bonne nouvelle que Jésus est venu annoncer concerne le royaume de Dieu, qui ne consiste ni dans le manger et le boire (Romains 14 :17) ni dans les choses terrestres (Matthieu 6). Le royaume de Dieu c’est la fin des inquiétudes, la justice, la paix et la joie par le Saint-Esprit, et ce, dans toutes les situations : disette, maladie, épreuves… Jésus est venu offrir ce que le monde et les billets de banque ne peuvent garantir !

    La bonne nouvelle c’est que la vie éternelle commence dès aujourd’hui au travers de la connaissance personnelle de Jésus-Christ le Dieu véritable (Jean 17 :3), et l’espérance du royaume à venir. Car quand bien même il serait dans l’abondance, les inquiétudes profondes de l’homme quant au lendemain, à la mort et à son éternité ne peuvent trouver de réponse qu’en Christ seul.

    Nous pouvons également noter que la dîme sous la loi de Moïse était une « bonne nouvelle » pour les pauvres puisque ces derniers ne la payaient pas, mais en bénéficiaient. Or aujourd’hui, dans la majorité des assemblées chrétiennes où la dîme est pratiquée, même les personnes aux revenus les plus modestes sont contraintes de payer cet impôt dont les bénéficiaires principaux sont, non les pauvres, mais des pasteurs.    

    Dieu aurait-il cessé de soutenir matériellement les nécessiteux en mettant fin à la dîme ? Absolument pas.

    Les pauvres sont toujours au cœur de l’œuvre de Dieu. Ainsi, Jésus a invité le jeune homme riche voulant le suivre à donner sa fortune aux pauvres (Marc 10 :17-27). D’ailleurs, selon Actes 4 :34-35, il n’y avait aucun indigent au sein de l’église, car tous partageaient. Cet élan de solidarité n’était pas la conséquence d’une loi sur le partage que Dieu aurait imposée, mais plutôt la conséquence de l’amour fraternel qui doit être retrouvé chez les disciples de Christ (Jean 15 :12).

    Cet amour ne consiste pas en paroles, mais en actions et en vérité selon 1 Jean 3 :16-18. Cette notion d’amour en actes est tellement importante pour le Seigneur Jésus qu’Il s’est lui-même identifié au nécessiteux, à l’étranger, au malade et au prisonnier dans Matthieu 25. Dans ce même passage qui parle du jugement, les personnes n’ayant pas fait preuve de miséricorde ont été rejetées par le Seigneur qui leur a dit : « Retirez-vous de moi, maudis ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car j’ai eu faim et, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais étranger et vous ne m’avez pas recueilli ; j’étais nu et vous ne m’avez pas vêtu ; j’étais malade et en prison et vous ne m’avez pas rendu visite. Ils répondront Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, ou ayant soif, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne t’avons-nous pas assisté ? Et il leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous n’avez pas fait ces choses à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne les avez pas faites. Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle »(Matthieu 25 :41-46).

    Ces paroles devraient nous faire trembler plus que toutes les menaces de malédiction liées au non-paiement de la dîme tant la sentence est claire et douloureuse. L’Église corps de Christ est clairement appelée à exercer la miséricorde et à partager avec les démunis et non à financer le train de vie extravagant de certains pasteurs évangéliques.

    La richesse que Jésus Christ est venu apporter aux pauvres est tout d’abord spirituelle. Le nécessiteux doit cependant pouvoir trouver au travers de l’Église de Christ un soutien matériel dans la mesure du possible. En cela, nous avons un bel exemple au travers de Jésus-Christ qui s’est fait pauvre pour enrichir les autres.

     « De même que vous excellez en toutes choses, en foi, en parole, en connaissance, en zèle à tous égards, et dans votre amour pour nous, faites en sorte d’exceller aussi dans cette œuvre de bienfaisance. Je ne dis pas cela pour donner un ordre, mais pour éprouver, par l’exemple du zèle des autres, la sincérité de votre amour. Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis. […]. La bonne volonté, quand elle existe, est agréable en raison de ce qu’elle peut avoir à sa disposition, et non de ce qu’elle n’a pas. Car il s’agit, non de vous exposer à la détresse pour soulager les autres, mais de suivre une règle d’égalité : dans la circonstance présente votre superflu pourvoira à leurs besoins, afin que leur superflu pourvoie pareillement aux vôtres, en sorte qu’il y ait égalité, selon qu’il est écrit : Celui qui avait ramassé beaucoup n’avait rien de trop, et celui qui avait ramassé peu n’en manquait pas. » 2 Corinthiens 8 :7-15.

    ENTRE RICHESSE ET PAUVRETÉ : QUE POUVONS-NOUS ESPÉRER EN CHRIST ?

      « Je te demande deux choses: Ne me les refuse pas, avant que je meure ! Éloigne de moi la fausseté et la parole mensongère; ne me donne ni pauvreté ni richesse, accorde-moi le pain qui m’est nécessaire. De peur que, dans l’abondance, je ne te renie et ne dise : Qui est l’Éternel ? Ou que, dans la pauvreté, je ne dérobe, et ne m’attaque au nom de mon Dieu. » Proverbes 30 :7-9.

     Cette parole d’Agur est un exemple parfait de sagesse face aux richesses de ce monde. Au travers de cette prière, il ne demande que le pain quotidien, le nécessaire, ni plus, ni moins, afin que le nom de Dieu soit toujours honoré dans sa vie. Cela fait parfaitement écho à la prière que Jésus a enseignée à ces disciples (Matthieu 6 :9-15) et qui doit également nous inspirer. Le Seigneur nous invite à la dépendance au Père, à la foi, à la simplicité : chose difficile pour les plus riches. À cet effet, Jésus a clairement dit qu’il serait difficile pour celui qui a des richesses d’entrer dans le royaume des cieux (Luc 18 :24). En effet, aux richesses de ce monde sont souvent associées la suffisance, la corruption et même les inquiétudes : autant d’éléments très nuisibles à la foi. Celui qui a d’importantes richesses est aussi particulièrement exposé à l’amour de l’argent présenté comme une racine de tous les maux selon 1 Timothée 6 :10.

    D’ailleurs, même si cela peut s’avérer rude – car on peut rapidement se sentir humainement en situation de risque – il n’y a rien de plus merveilleux que de vivre par la foi et voir la provision du Père au quotidien. Je l’expérimente personnellement de plus en plus et j’ai même réalisé que ce n’est pas en ayant beaucoup matériellement qu’on va davantage semer dans l’œuvre de Dieu ou donner des offrandes que Dieu agréera davantage. D’ailleurs, dans toutes les époques, la pauvreté matérielle et financière n’a jamais été une limite pour servir Dieu. Ainsi, la veuve de Sarepta a pu nourrir Élie, elle-même et son fils pendant les trois ans et demi où la famine avait sévi à l’époque d’Achab (1 Rois 17 : 8-16). Lors du ministère terrestre de Jésus, la pauvre veuve a donné une offrande plus agréable que tous (Luc 21 :1-4). Les églises de Macédoine ont soutenu l’œuvre du Seigneur alors qu’elles étaient dans une pauvreté profonde (2 Corinthiens 8 :1-4)…

     Ainsi même dans la pauvreté, avec Dieu nous ferons des exploits !

    CONCLUSION

    Pour résumer, la dîme n’est plus d’actualité et voici 10 raisons pour lesquelles l’enseignement de cette pratique sous la nouvelle alliance doit être fermement réprouvé :

    • Ni Jésus-Christ ni les apôtres n’ont enseigné le paiement de la dîme.
    • Jésus n’a pas promis qu’Il ouvrirait aux disciples les écluses des cieux s’ils payaient la dîme, il les a déjà assis avec lui dans les lieux célestes.
    • La foi d’Abraham n’a pas été prouvée en ce qu’il a donné une fois une dîme, mais en ce qu’il a accepté d’obéir à Dieu en tout temps, même quand il a fallu renoncer au fils de la promesse.
    • La pratique régulière de la dîme a été instituée sous la loi de Moïse et rendue obsolète par le sacrifice de Christ.
    • La pratique de la dîme est en inadéquation avec la liberté que Christ nous a offerte.
    • Dieu n’a jamais établi le « sacerdoce pastoral » avec au centre un « homme de Dieu » rémunéré par les dîmes des fidèles.
    • La dîme sous la nouvelle alliance est synonyme de condamnation et de pression pour les plus modestes alors qu’elle était une « bonne nouvelle » pour les nécessiteux sous Moïse.
    • Dans sa justice et sa grâce, Dieu ne peut pas maudire une personne qui donne « seulement » 7% de son salaire de 800 euros et bénir une autre qui donne 10% de son salaire de 3000 euros.
    • Dieu ne veut pas uniquement 10% de nos revenus, mais notre vie tout entière.
    • Jésus n’a pas supprimé la loi, mais l’a accomplie afin de nous permettre de rentrer dans une alliance nouvelle où nous sommes devenus fils, rois et sacrificateurs du Dieu Très Haut.

     Alors, finalement comment donner ? De tout son cœur, librement, selon ses moyens, animés des sentiments qui étaient en Jésus-Christ, libérés de l’amour de l’argent et de toute pression. À qui donner ? Aux pauvres, aux veuves, aux orphelins, à nos parents, aux frères et sœurs dans le besoin. On peut aussi soutenir les frais de fonctionnement de l’église locale et tout projet que le Saint-Esprit nous mettra à cœur. Qu’est-ce que Dieu attend de nous ? En toutes choses, le Seigneur attend que nous recherchions l’amour, la fidélité, la justice, la pureté du cœur et l’obéissance à sa Parole. C’est alors que nous nous assurerons un trésor dans les cieux !

     

    À lire aussi : Le Christianisme paganisé, Frank Viola ; Eglise influente ou influencée, Shora Kuetu.

    Nirina C.

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